Qui était momifié ?

 
 
Tous les égyptiens n'étaient pas momifiés


La consersation du corps était donc indispensable à la survie du défunt.
Mais en théorie seulement ! Car, dans la pratique, aux époques
classiques, seule une faible partie de la population se faisait momifier
( l'embaumement ne se démocratisera qu'à la Base Epoque). Est-ce à
dire que l'écrasante majorité de ceux qui n'étaient pas momifiés ne
croyaient pas en une survie posthume ? C'est bien difficile à admettre,
d'autant qu'il existe des cas de défunts possédant une tombe et du
mobilier funéraire de qualité (preuve qu'ils espéraient une survie
après la mort) et dont le corps n'était pas momifié ! Si, dès
l'invention de la technique, la famille royale se fit embaumer, le
petit peuble se contentait de déposer ses morts dans de simples
fosses individuelles creusées dans le désert. Bien que l'on n'en ait aucune
preuve formelle, on ne peut concevoir que les pauvres ne croyaient pas en
une quelconque vie dans l'au-delà. Les textes ne reflètent que
l'idéeologie officielle de l'élite et jamais celle d'une population
qui, sans être foncièrement diférente, pouvait présenter des variantes
substantielles par rapport à la norme. Les cimetières populaires ont en outre
été longtemps délaissés par les fouilleurs (c'est d'ailleurs toujours le
cas aujourd'hui) au profit des riches nécropoles, de sorte que l'archéologie
n'est encore guère utile en ce domaine.

Au néolithique (Ve millénaire), en revanche, toutes les tombes fouillées
attestent que l'ensemble de la population, quel que soit son dégré de richesse,
croyait en une vie après la mort. La moindre sépulture, aussi modeste fut-elle,
contenait au moins des poteries, attestant des croyances funéraires. Il est
donc fort peu probable que le petit peuble ait perdu cette espérance avec
l'apparition de la momification, dont il ne pouvait pas bénéficier.

Ainsi, bien que la momification fût idéalement nécessaire pour la survie dans
l'au-delà – et elle le deviendra de plus en plus -, le fait que le corps ne fût
pas embaumé n'impliquait pas pour autant l'anéantissement de l'être. En
témoigne, par exemple, la pratique selon laquelle la dépouille des criminels
condamnés à mort n'était pas simplement enterrée sans momification, mais
était brûlée afin d'éviter tout risque de survie et donc de vengeance
posthume ! Il est indéniable, en revanche, que la momification devait
accorder au défunt un statut particulièrement important. La hiérarchie
terrestre se reproduisait ainsi dans l'au-delà.

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