Khonsou et sa cuve funéraire

cuve-funeraire-khonsou.jpg(1)

Khousou, fils de Sennedjem, a été déposé dans une lourde cuve funéraire (1)
qui, à elle seule, porte sur ses parois toutes les croyances et les mythes
religieux en vigueur à l'époque ramesside. De taille impossante, la cuve
funéraire de Khonsou, en forme de naos
[1] surmonté d'une corniche à gorge
égyptienne, se trouve encore sur le traineau qui a servi à son transport du Nil
à la tombe. L'ensemble du décor permet d'imaginer le luxe déployé pour cet
enterrement. Aux angles, les panneaux de tête et de pieds figurent les déesses
Selket et Neith, Isis et Nephthys, les ailes largement ouvertes en un cercle
protecteur infranchissable. La couleur de leur chair est verte comme la
renaissance. Leur robe collante est le vêtement classique des déesses. Les
textes assurent le mort de tous les bienfaits dont les déesses vont le combler.

Sur les panneaux latéraux, les représentations, découpées en deux registres,
sont directement extraites du
Livres des Morts. Elles sont entourées par des
génies dont les
Quatre fils d'Horus qui fixent l'orientation du mort dans le
sarcophage. On peut reconnaître, dans la vignette du panneau du coté
gauche, la momie de Khonsou étendue sur le lit funéraire
(2), auprès de
laquelle s'active
Anubis. Sous le lit, cinq récipients contiennent les huiles et
onguents essentiels pour parfaire sa momification. A la gauche de la déesse
Isis, l'artisan a peint la façade et l'entrée d'un naos surmonté de deux
oiseaux-ba en blanc, âmes de Khonsou et de son épouse Tamâket.
Au-dessus, le défunt, habillé en costume des vivants, est en train d'adorer
deux lions assis dos-à-dos; de l'horizon émerge un soleil levant rouge. Une
grande croix de vie est appendue à ce signe. Derrière cette scène, le faucon
d'Horus et la vache Hathor sont couchés dans un large bassin rempli d'eau.

Sur le panneau de droite, au registre inférieur, le couple superbement habillé
a endossé ses riches bijoux pour jouer au jeu du senet : le défunt y joue son
destin sous une tente protégée par deux yeux-oudjat. En un geste
émouvant, son épouse a passé son bras droit autour de l'épaule de son
époux. En face de cette scène, Khonsou agenouillé adore la déesse-vache
richement vêtue. L'image est claire, il s'agit de montrer que le défunt devra à
nouveau subir des transformations dans l'au-delà.

Au registre supérieur, on voit deux génies au corps momiforme assis sur
une natte dont « Anubis, Maître de la tente d'embaumement. ». A côté,
est représentée une
boîte à canopes ou à ouchebtis. Suivent deux génies
du Nil portant la barbe des dieux. Les textes autour des vignettes sont
les chapitres 17 et 175 du Livre des Morts. Une fois purifié, le défunt, par
sa connaissance des secrets des transformations, commencera sa
nouvelle vie éternelle.

Les inscriptions qui divisent les vignettes du couvercle de la cuve
sont disposées comme des bandelettes. L'ensemble de la cuve forme
autour du corps momifié une barrière magique de protection
supposée parfaite.

khonsou.jpg(2)

[Momies, rituels d'immortalité dans l'Egypte ancienne de Francis Janot]

[1] Naos : Partie intérieure et centrale d'un temple,
où se trouvait la statue du dieu.

4 votes. Moyenne 3.00 sur 5.

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site